De No man’s land à Touristland

Publié le 14 août 2014, dans France 2014
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Il faut dire que le carrefour entre les départements de la Lozère, du Cantal et de l’Aveyron est une terre de contrastes forts. Autrement dit, le passage entre les Monts d’Aubrac, les Gorges du Tarn et la vallée du Lot se fait assez brutalement tant d’un point de vue géologique, botanique et touristique.

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L’ascension du plateau de l’Aubrac par le Nord, lui, se fait en douceur, le paysage s’adoucit, se fait de moins en moins arboré. On constate rapidement que la roche se fait de plus en plus présente à fleur de falaise, et la végétation rase et rustique prend le dessus.

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Idéal à vélo, sur l’itinéraire on a le temps de voir quelques villages pittoresques dont les maisons sont construites à partir de la pierre locale. Cela donne une coloration presque bretonne.

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De même, on se rappelle vite que nous sommes sur l’un des principaux passages des pèlerins de Saint Jacques de Compostelle. Qu’ils soient à pieds ou à vélo, les coquillards deviennent subitement nombreux, et les lieux de pèlerinage se font plus marquants. On nous remarque vite et nous demande si nous sommes aussi sur la fameuse route.

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La fenêtre météorologique est encore une fois maussade pour traverser le plateau. C’est donc sous un fort vent de face (probablement 50km/h) que nous peinons à gravir les derniers kilomètres avant le point culminant. C’est de nouveau assez frustrant de ne pas pouvoir profiter pleinement de ce lieu assez atypique. L’unique route qui le traverse est absolument magnifique, on se croirait assez seul pour oublier que nous sommes en France. Les fameuses vaches d’Aubrac observent notre convoi avec attention et les zones tourbeuses nous rappellent l’Ecosse. Qu’elle plénitude !

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Arrivés au Col de Bonnecombe nous atteignons le point culminant de notre voyage. A tel point que nous passerons également un second col dans la foulée (sans grand effort pour celui-ci). Nous prenons le traditionnel selfy et amorçons une longue descente vers Marvejols où nous attend une petite famille de cyclovoyageurs.

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La ville ne présente pas d’intérêt très particulier, on constate une ancienne ruelle fortifiée pas très mise en valeur. Le temps semble s’être arrêté au vu des messages publicitaires rétro.

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Nous sommes très bien accueillis chez Anne-Sophie et Julien en compagnie de leurs deux enfants, Zoélie et Zéphyr. C’est le paradis pour Timéo d’avoir des compagnons de jeux qui prêtent leurs jouets. Et nous sommes ravis de partager un moment avec ce couple avec qui nous partageons beaucoup de points communs.

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Le temps de faire un cliché avec eux (sans Julien qui est déjà parti travailler) et nous sommes déjà repartis avec au programme l’ascension du Causse de Sauveterre. C’est la particularité de la région, entre chaque vallée de rivière se dessine un amalgame de collines plus ou moins abruptes que l’on appelle Causse. Doté d’un sol fortement calcaire, la végétation rappelle vite les Cévennes (qui ne sont pas loin) et le chant des cigales se fait parfois entendre au profit d’un climat à priori plus sec.

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C’est donc inévitable, le tourisme va s’en ressentir. On respire une dernière bouffée de quiétude en haut des gorges du Tarn. Le spectacle est époustouflant tant cette particularité géologique arrive soudainement, presque au milieu de nulle part. C’est vertigineux !

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Et c’est parti pour la descente dans les gorges vers Sainte Enimie. Le village classé « Un des plus beaux village de France » concentre une activité touristique très importante, c’est oppressant. Nous jouons le jeu et tentons de dormir au camping du coin pour visiter le lendemain, c’est complet !
Il nous faudra aller au prochain (il y en a tant le long du Tarn) pour trouver une demi-place (la dernière restante) afin de dormir sur place. C’est décidé, on ressort de là dès le lendemain.

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Difficile de croire que les touristes apprécient également la fréquentation. Comment peut-on profiter de la beauté des lieux avec une telle activité ? Les convois acheminent sans cesse les groupes en quête d’une descente en kayak ou canoé. Il y a également tous ceux qui sont à la recherche des voies d’escalade sur les parois rocheuses. Mais pourquoi conserve-t-on de nos jours la concentration des congés d’été des travailleurs sur cette première quinzaine du mois d’août ? On se pose la même question à propos des fameuses zones industrielles et commerciales à la périphérie des grandes villes. C’est donc la transhumance tous les jours pour quitter son quartier résidentiel et aller travailler dans la zone d’activité. Et une fois en vacances, c’est de nouveau la migration collective à l’assaut des zones touristiques. Quel drôle de modèle économique. Et pire, on cherche à le conserver à tout prix. Après on comprend l’attrait touristique des lieux que l’on hésite pas à profiter dès le petit matin, afin d’avoir un maximum de quiétude le long de cette jolie route qui serpente au fil du Tarn que nous redescendons.

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Il y a même quelques villages qui reposent à flanc de colline de l’autre côté de la départementale. Du coup, pour le courrier et l’approvisionnement, soit on traverse en bateau, soit on utilise la tyrolienne électrique, pas bête !

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La rivière a somptueusement sculpté la roche qui se trouve parfois douce et arrondie, et d’autres fois cisaillée et verticale. L’idéal aurait été de la descendre sur l’eau … une autre fois peut-être (ou pas).

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C’est donc avec soulagement, une fois le trafic revenu, que nous remontons le Causse de Sévérac, direction, Sévérac le Château. La petite route communale est superbe, même si le début est très épuisant.

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Nous profitons de la tranquillité des Causses pour bivouaquer avant d’arpenter Sévérac avec son château posé sur la colline.

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Le village historique datant du Moyen Âge abrite de jolies ruelles en forte pente ainsi que la maison à priori la plus ancienne du département. Nous poussons donc notre équipement au pied de l’ancienne forteresse le temps de la petite fenêtre de soleil (ça va pas durer).

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Le temps se gâte, il fait sérieusement froid et nous nous empressons de pédaler pour nous réchauffer sur les quelques montées qui nous restent sur le Causse. Un dernier (petit) col avant d‘atteindre la vallée du Lot.

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Nous terminons notre épopée sur les hauts plateaux pour longer le Lot qui devrait nous tenir compagnie jusqu’à Cahors. Cela nous permet de gagner quelques degrés sous ces températures toujours fraîches. Avant de quitter la région de l’Aubrac, nous dégusterons un Aligot filant digne de ce nom !

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4 Réponses à “De No man’s land à Touristland”

  1. JAMOT GRONDIN août 14, 2014

    Juillet était ensoleillé, Aout fort pluvieux…..eh, oui il ne faut pas partir en aout. Enfin, nous espérons que vous en profiter bien malgré les intempéries…. BIZ

  2. Amapeurranci août 14, 2014

    Merci de réveiller d’anciens souvenirs de vacances dans cette belle région. Félicitations au(x) photographe(s) pour la qualité des clichés.
    Je serais vous, je demanderais un remboursement à votre agence de voyage en raison des mauvaises conditions climatiques. Moi qui pensais que ce n’était qu’en Bretagne que le temps était maussade.
    Profitez bien du grand air et ressourcez-vous.
    Au plaisir de suivre vos pérégrinations.

  3. Tatie Sonya août 16, 2014

    Coucou
    Très joli reportage photo, même si le beau temps n’est pas vraiment de la partie…
    Rassurez vous, même en Provence le temps est bien moins clément qu’à l’accoutumée! Nous avons sorti les polaires pour tenir dehors au barbecue hier soir vers 19h…
    Le vent est fort et froid, on ne se baigne même pas tellement il souffle froid!
    Comme quoi les Marseillais exagèrent sûrement sur la clémence du temps ici …;) lol
    On vous embrasse et on vous envoie un rayon de soleil, car il brille quand même plus ici qu’ailleurs!!!
    Bizzzzzzzzzzzzzzzzz

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