Jonica

Publié le 30 avril 2013, dans Italie 2013
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Notre arrivée en Italie continentale a été marquante. C’est une période de transition, nous quittons la vie insulaire avec son charme et ses particularités, la météo change et nous débarquons à Villa San Giovanni sous la pluie et le froid.

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De plus, il nous faut reprendre un rythme de pédalage plus soutenu.
Nous savions que cette partie du voyage ne serait pas idéale, la Calabre est une région Italienne qui ne brille pas de ses infrastructures touristiques ni de sa réputation et dont les déchets sont omniprésents (on ne vous parle pas des odeurs).

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Mais pour rejoindre la Grèce, il nous faut quand même traverser cette botte qui nous laisse peu de choix avec son coup de pied haut en relief. Nous devons parcourir la plante du pied jusqu’au talon où nous attend une étape Courchsurfing fort sympathique.

Alors que dire de la Calabre par la côte ?
Le début fût très décevant, c’est extrêmement bétonné et Reggio di Calabria n’a rien d’exceptionnel à part sa promenade en bord de mer et ses quelques palais.

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C’est pourquoi, nous envisageons le train pour limiter notre séjour dans cette région peu attrayante. Seulement voilà, l’infrastructure ferroviaire va avec le reste, elle est archaïque et impraticable pour les tandémistes. Pire, lors de notre tentative à Locri, l’unique emplacement vélo dans ces petites rames au gasoil est cadenassée et le contrôleur aussi dépité que nous ne peut pas nous aider. Nous avons même eu le plaisir de nous faire sermonner par le conducteur furibond qui nous explique que le train doit s’arrêter 1 minute et que nous n’avons rien à faire ici. Cet échec a été un coup dur pour notre moral, d’autant plus que les billets des trains régionaux ne sont pas remboursables.
Nous avons dû ronger notre frein et accepter de faire le trajet tant redouté à vélo.

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A partir de là, nous avons en quelque sorte vécu « un jour sans fin », surtout sur la première moitié.
- Levés 7h-7h30 (sans le réveil et ce n’est pas le jour de la marmotte)
- Un jus de citron pressé
- Quelques étirements et Pilates pour le réveil du corps
- Petit déjeuner
- Timéo se réveille : « Je veux manger »
- Pendant que nous finissons le petit dej’ ; Timéo : « Je veux faire pipi »
- Timéo ne mange quasiment rien et nous faisons le paquetage des sacoches
- Il faut plier la tente ; Timéo : « Je veux pas m’habiller »
- On plie la tente ; Timéo : « Je veux un bâton de tente » (comprendre un élément du Tarp)
- On part à 10h, il faut convertir les pantalons en shorts, ranger les pulls, sortir casquettes, lunettes de soleil et crème solaire.
- Timéo : « Je veux manger »
- Sommes sur la SS106, on passe un pont au-dessus d’un torrent asséché.
- 15 km de fait, il faut s’arrêter, Maxime a mal aux fesses à faire du plat.
- Sommes sur la SS106, on passe un pont au-dessus d’un torrent asséché.
- 15,5 km ; Timéo : « Je veux faire pipi »
- 30 km, deuxième arrêt, Elodie sort les oranges et les fruits secs, Maxime est à l’affût des gâteaux.
- Sommes sur la SS106, on passe un pont au-dessus d’un torrent asséché.
- 30,5 km ; Timéo : « Je veux faire pipi »
- Sommes sur la SS106, on passe un pont au-dessus d’un torrent asséché.
- 40 km, on s’arrête déjeuner sur le bord de mer si on peut ou dans un espace vert.
- Pendant que nous déjeunons ; Timéo : « Je veux faire pipi »
- Enième tentative de Maxime pour faire une sieste.
- Nous reprenons la SS106
- Timéo : « Je veux faire pipi »
- 50 km de fait, il faut s’arrêter, Maxime a mal aux fesses à faire du plat.
- Sommes sur la SS106, on passe un pont au-dessus d’un torrent asséché.
- Timéo s’énerve un peu avec ses jouets dans sa remorque.
- Sommes sur la SS106, on passe un pont au-dessus d’un torrent asséché.
- Timéo dort dans sa remorque, il ne faut surtout pas s’arrêter !!!
- Sommes sur la SS106, on passe un pont au-dessus d’un torrent asséché.
- Nous faisons quelques courses au « Supermercato » du coin et au « Frutta e Verdura »
- 60 km de fait, il faudra songer à trouver où bivouaquer
- Sommes sur la SS106, on passe un pont au-dessus d’un torrent asséché.
- 70 km de fait, il est 18h, il faut absolument trouver un endroit pour dormir
- Timéo : « Je veux faire pipi »
- 78 km de fait, il faut trouver un endroit au plus vite !
- Nous bivouaquons en bord de mer, entre les orangers ou dans les hautes herbes.
- Timéo : « Je veux manger »
- Nous préparons une assiette de légumes crus avec des pâtes, ou un risotto, ou de la semoule, pendant que Timéo joue avec ses voitures.
- Pendant que nous dinons ; Timéo : « Je veux faire pipi »
- Le temps d’écrire quelques lignes pour le carnet de route, de faire quelques étirements et on se met en pyjama pour aller se coucher.
- Avant d’aller se coucher : « Timéo, ça serait bien d’aller faire pipi » – « Non, j’ai pas envie » répond-il.

Bien évidemment, toutes les journées n’ont pas été exactement comme celles-ci, et il y a de bons moments. La côte Calabraise nous offre parfois de sympathiques moments et endroits comme à Le Castella.

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La mer Ionienne est jolie et les plages nombreuses, dommage qu’elle soit encore trop froide pour s’y baigner.

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La météo est globalement très avantageuse en cette période de l’année, le soleil est bien présent, notre bronzage de cycliste commence à faire des ravages (pas de photos encore) et le fond de l’air marin nous permet tout de même de rouler même en plein après-midi, c’est assez confortable.

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Nous avons eu la chance aussi de faire une fabuleuse rencontre inattendue avec des habitants près de Crotone. Nous sortions de la ville, et comme d’habitude, il commençait à se faire tard pour trouver un coin pour bivouaquer. D’autant plus qu’au nord de Crotone, c’est un site industriel, et après c’est des champs bien plats où il est difficile de se faire discrets. C’est là qu’une voiture s’arrête quelques centaines de mètres après nous avoir doublé et on nous interpelle (car c’est vrai, les voyageurs à vélo sont très rares ici, alors avec un tandem et un enfant, c’est carrément unique).
Une dame d’une soixantaine d’année nous demande si nous avons besoin d’eau, et on ose demander où pourrions-nous mettre notre tente pour la nuit. Elle habite à 30m, au bord de la mer, et nous demande de la suivre chez elle.

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Elle s’appelle Giovanna et elle est l’archétype de la mère Italienne qui a une grande famille, adore les « bambino » et gère tout dans sa maison. Son mari, plus discret, est très sympathique, et nous offre de grands sourires quand Timéo fait de l’humour.
Nous avons littéralement été accueillis comme des princes ; après une salvatrice douche, nous avons eu le droit à un diner fort copieux et une nuit dans un lit. C’était un très bon moment qui est arrivé au bon moment. Nous en sommes repartis à la fois boostés et un peu tristes de ne pas être plus longuement restés.

Et c’est après les 510km qui séparent Villa San Giovanni de Taranto par la côte (nous en avons fait véritablement un peu plus) que nous arrivons ENFIN à Taranto.

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Ville extrêmement industrielle, sur sa partie ouest, et qui offre un contraste saisissant entre la vieille ville pauvre et assez délabrée, et le nouveau centre de l’autre côté d’un ancien pont tournant métallique.

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Nous allons enfin pouvoir nous reposer, rencontrer Kerstin qui nous attend depuis plusieurs jours.
Ce petit séjour chez elle et Mattéo (son conjoint) nous fait le plus grand bien, elle est végétarienne, et nous avons beaucoup de points communs.
Nous vous en dirons plus après avoir plus longuement échangé.
En attendant, du repos, de la lessive, du bricolage …

Nouvelle énigme pour obtenir le prochain indice :

- Il y a environ 510km qui séparent Villa San Giovanni de Taranto (La Lama) par la côte sud. Combien en avons-nous fait réellement ?

21 Réponses à “Jonica”

  1. Franky 44 avril 30, 2013

    Content d’avoir de vos nouvelles depuis une petite semaine……
    Nous voyons que ce périple fut périlleux ! En plus avec un « pisse trois gouttes » dans sa cariole….ce n’est pas une vie pour un petit bonhomme !
    Courage! nous vous soutenons moralement.

    Pour la réponse, je propose 537 KMS

  2. bichon avril 30, 2013

    C’est génial ! vous êtes tout beau.Ici il pleut !
    Cela donne très envie de suivre votre exemple. Ne feriez vous pas un petit post pour expliquer comment s’y préparer ?

    • Six Pieds sur Terre avril 30, 2013

      Salut Adeline,
      Merci pour ton message.
      Pour ce qui est de la préparation, nous avons mis plus d’un an. Alors synthétiser cela n’est pas chose aisée.
      On en reparlera plus longuement à notre retour si tu veux, sinon, google est ton ami ;)
      Bises.

  3. armel avril 30, 2013

    les mésaventures qui vous vivez doivent vous stimulés pour continuer la route car les paysages sont magnifiques.bravo a vous .timéo a t’il fait pipi ?
    je propose 495km

  4. Amapeurriendimpossible avril 30, 2013

    Non mais des fois, espèces de menteurs que vous êtes, avec toutes les fois où Timeo a fait pipi les torrents ne peuvent pas être asséchés.
    Boncourage, et pédalez-bien qu’est-ce que 528,654 Km au regard de ce qui vous reste à faire.
    La biz à quiquinenenveut

  5. Agnès et Max avril 30, 2013

    Pfiou quelle journée!! J’avoue j’ai pas pu m’empêcher de rire quand même ;)

    Je pense que vos petites gambettes ont bien dû faire 549km.
    Profitez bien de votre pause, repose bien tes fesses Max!

    Bises Agnès Max William et Samuel

  6. audrey avril 30, 2013

    TROP MIGNON petit timéo a ses humeurs. pour ce qui est des km moi jdirai 586 pour qui pourquoi je sais pas. lol.
    gros bisous.

  7. Riko el maffiozo avril 30, 2013

    Je suis sur que vous avez fait 3652 km par la côte.

  8. Pierre avril 30, 2013

    Votre blog a un sérieux pouvoir addictif! Content d’avoir de vos nouvelles et vraiment sympa le récit de cette journée au rythme des pipi et des mals aux fesses!
    Ça fait du bien de lire vos aventures malgré les difficultés votre quotidien sort vraiment… De l’ordinaire!
    Bonne route vers la Grèce, bon courage et hâte de lire de nouvelles histoires!

  9. Typhanie avril 30, 2013

    527 km ??

  10. Matthieu mai 1, 2013

    Debout les campeuuurs !
    Et hauts les coeurs !
    Va falloir mettre vos bottes aujourd’hui parce que ça caille, on est pas à Miami..
    On en est même loin !

    Vous avez parcouru 1792 kms ! (oui oui, déjà !)
    Telle est ma réponse, et bonne route à tous les trois !

    • Six Pieds sur Terre mai 1, 2013

      On est debout et il fait grand soleil, presque chaud déja…on va à la plage cet aprem…
      Pour la distance c’est pas la distance totale qu’on demande mais juste en Italie du Sud ;)
      Tu maintiens ta réponse?
      Bises

  11. Emilie mai 1, 2013

    Salut les aventuriers, on profite de ce 1er mai pluvieux dans notre canapé au coin du feu pour vous dire à quel point vos récits nous font grand bien!
    Bonne continuation,

    Emilie et Mathieu

    Ps: 578km

  12. julie mai 2, 2013

    559 km !
    bisous a vous tous et bon courage !

  13. cyril le groux mai 3, 2013

    Coucou les voyageurs,

    Que d’aventures ! et quel courage ! ça fait plaisir d’avoir de vos nouvelles, vive internet ! Continuez à nous faire rêver, on voyage avec vous grâce au blog. et ça fait du bien à nos petites têtes embrumées de petits tracas quotidiens qui au fond n’ont pas beaucoup d’intérêt.
    Je vous embrasse car… je veux faire pipi ! lol

    • Six Pieds sur Terre mai 6, 2013

      Salut Cyril,

      Merci de ton petit message sympathique.
      J’espère que tous va pour le mieux de ton côté ;)
      @ bientot,
      Maxime.

  14. les Doutal mai 5, 2013

    Bravo pour le blog et continuez à nous faire voyager avec vous.
    On y pense souvent.

    Bises

    PS: vos meubles vont bien…et on vous emprunte vos boules de pétanques pour le w.end prochain.

    • Six Pieds sur Terre mai 6, 2013

      Salut les Doutal ;)
      Vos gambettes doivent vous démanger … vous partez quand exactement vers l’est ?
      @ bientot.

  15. Tatal mai 5, 2013

    Oulà, je suis à la bourre…
    555 km !

    Que dire, sinon qu’on ne voit plus assez Elo, mais qu’au moins elle a l’air plus souriante ;)

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