Sur les chemins de Saint-Jacques

Publié le 19 août 2014, dans France 2014
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Un des tracés principaux de la route vers Saint-Jacques de Compostelle part du Puy en Velay et passe à travers l’Aubrac, puis longe le Lot plus ou moins pour ensuite bifurquer à partir de Cahors. Nous voilà donc en présence alternée avec les pèlerins et autres spécificités du tracé. Doit-on se considérer comme coquillard pour autant ? Disons que sur la définition stricto sensu, nous ne nous sentons pas véritablement guidés par une motivation d’aspect religieuse où la finalité est de se rendre sur les reliques d’un saint avec pour unique orientation la spiritualité chrétienne. Seulement, nous vivons notre aventure de vie selon nos convictions. Où il est important de se réapproprier son temps et ses choix pour un bien-être individuel mais aussi commun. Et peut-être que là (sûrement même), nous partageons des valeurs similaires qui pourraient s’apparenter à une forme de pèlerinage. Toujours est-il que redonner du sens aux notions de l’effort, du partage, du temps, du patrimoine et de la nature font notre ressourcement.

C’est donc en la charmante bourgade de Sainte-Eulalie d’Olt que nous reprenons notre carnet de route. Village classé (encore un) nous comprenons vite pourquoi au vu de ses petites ruelles garnies de bâtis médiévaux. Mise à part une rue un poil trop passante aux véhicules motorisés, la balade est fort agréable le long de ces maisons de pierre.

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Nous avons même la chance de participer à une démonstration d’un maître verrier qui pratique le métier au chalumeau avec perfection. Entre son discours parfaitement maitrisé et sa dextérité trahissant de nombreuses années de pratique, nous découvrons comment se réalise un baromètre de Goethe (dit à eau), c’est très impressionnant !

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Un petit tour à Saint-Geniez d’Olt qui enjambe la rivière et nous repartons pour l’Aubrac, mais point sur ses hauteurs cette fois ci. Seules les routes ondulantes sur les basses collines nous intéressent pour garder la forme physique et pour nous réchauffer en cette froide journée.

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Heureusement, une autre forme de culte gastronomique permet d’engranger les calories nécessaires sous ces températures et reliefs. C’est un magnifique plateau de fromages qui nous attend tous les jours entre les spécialités locales. Pour le moment, voici les préférés : L’Aubrac, Le Laguiole, La Marotte, Le Vézou et le traditionnel Cantal (Entre-Deux).

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Nous ferons par la suite halte comme les pèlerins à Saint-Côme d’Olt où les références au parcours ne manquent pas. Il faut dire qu’entre les toitures en coque de bateau inversées et le clocher de l’église flammé vrillé, on sent qu’il n’y a que de l’authentique !

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Le temps de tester la navigation fluviale et nous poursuivons le long du cours d’eau pour atteindre Espalion. Carrefour entre le Rouergue et l’Auvergne, cette énième ville médiévale arbore un joli pont gothique d’où l’on peut contempler les anciennes tanneries qui se reflètent dans l’eau.

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En mal d’ascension, nous repartons sur le Causse (celui du Comtal) via un itinéraire peu commun. En effet, à partir d’Espalion se dessine une voie destinée aux piétons et vélos sur l’ancienne voie de chemin de fer. Idéale pour une montée en douceur avec un gradient stable et faible, cette voie se transforme vite en épopée ludique tant des « pièges » sont à contourner le long du tracé. En effet, de nombreux tunnels sans éclairage sont particulièrement angoissants, et les pluies précédentes ont transformé le revêtement en passages parfois boueux voir même en gués à traverser ; épique ! Mais là n’est pas la curiosité locale, nous l’atteignons quand nous arrivons à Bozouls avec son Trou ! Unique dans le département, le cours d’eau a dessiné un immense (relatif) canyon en forme de fer à cheval d’une largeur de 400m et d’une profondeur de presque 100m. C’est vertigineux et assez spectaculaire de voir l’église faire la nique au vide depuis tout ce temps.

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On quitte le territoire de l’Aubrac avec un petit pincement au cœur, même les vaches n’ont plus de cloche. Et nous redescendons sur les gorges du Lot sur le village d’Estaing. Pour l’anecdote, notre ancien président VGE est propriétaire du château de par son père qui croyait bon de redonner un titre de noblesse à son nom de famille.

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Sinon, encore de la vieille pierre pour nous ravir, même si nous devenons très exigeants en la matière et ne considérons pas cette étape comme incontournable.

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Oh et puis si finalement si on regarde bien, le parvis de l’église est tout de même sympathique, et lorsque l’on prend le recul nécessaire, la ville se reflète bien dans les eaux cristallines de la rivière.

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Nous sommes mêmes sur le passage d’un jeune couple marié qui est en ballade pour leurs mémorables instantanés de cette journée si particulière pour eux. La photographe ose suggérer notre monture si symbolique … ça donne des idées !

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Les gorges du Lot vraiment très agréables à faire à vélo le long de la petite route communale qui va vers Entraygues. C’est tellement sympathique que nous nous laissons surprendre par le côté bucolique de la balade qui nous ravit à chaque virage. C’est véritablement l’aspect magique des montagnes, à chaque fois que la route tourne, un nouveau paysage se dévoile, et les sens peuvent de nouveau être en éveil. C’est un véritable tableau vivant dont les photos ne sont qu’un piètre instant figé.

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Comme son nom l’indique, Entraygues se situe au confluent de deux cours d’eau pour une position géographique très intéressante. Là n’est pas notre découverte, nous foulons encore une fois le pavé pour apprécier encore plus lentement les venelles historiques.

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Pour la suite, nous repassons brièvement dans le Cantal en suivant notre guide (du routard). Une halte idéale se profile sur ses abords avec un soleil revenu au beau fixe et une lumière douce de fin de journée. On a l’impression que le temps s’arrête … difficile de ne rien faire lorsque les galets ne demandent qu’à faire des ricochets pour rejoindre l’autre rive.

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Nous terminerons donc notre pèlerinage avec l’incontournable ville de Conques. Véritable carte postale, ce village au palmarès indécent n’est pour nous qu’une redécouverte après y être passé il y a trois ans. Et comme toutes les cartes postales bien entretenues, elle n’a pas bougé !

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Résolument touristique comme l’avait voulu les moines de l’époque, il faut croire que le tympan de l’église reflète bien l’origine ambivalente de cette paroisse (une œuvre d’art représentant le jugement dernier avec le paradis à gauche et l’enfer à droite). Sur le chemin de Saint-Jacques, cette étape incontournable des pèlerins l’est devenue par l’apport des reliques de Sainte Foy qui ont été subtilisées par un ermite de l’époque. On vous laisse supposer de quel côté du tympan cet acolyte a basculé.

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Laissons derrière nous cet épisode riche et à défaut de suivre Saint-Jacques, poursuivons notre chemin à nous.

1 Réponse à “Sur les chemins de Saint-Jacques”

  1. Marc août 19, 2014

    Toujours de belles photos, une prose qui se déguste comme un bon fromage avec petit vin qui va bien. Merci pour ce prolongement de vacances.
    A bientôt

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