Un Allier pas toujours coopératif

Publié le 26 août 2018, dans Combrailles 2018
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Ceux qui nous connaissent bien savent que les paysages bocagers de la Creuse et les quelques reliefs sculptés des Combrailles ne pouvaient que nous séduire. Seulement, tout cyclo-touriste qui se respecte déteste une chose : faire demi-tour – à tel point qu’aller de l’avant devient pour lui plus qu’une évidence, c’est une raison d’être.
C’est donc après s’être émerveillés de notre parcours qu’il nous restait à revenir à notre point de départ sans repasser par les zones déjà visitées – choix cornélien lorsque la carte n’affiche que de grandes zones blanches sans « scenic road » … Vous l’aurez compris, il nous aura fallu apprivoiser l’Allier qui nous accueille rudement dans de vastes zones céréalières fraîchement battues sous un soleil de plomb, en bref : il fait (trop) chaud, le paysage est désertique et la fatigue de la première semaine d’ascension nous font souffrir !

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Inutile de faire un procès à une région qui ne le mérite sûrement pas, c’est le contraste, la fatigue et la vague de chaleur qui nous accablent… idéalement, il aurait peut-être fallu nous arrêter quelques jours pour éviter de nous infliger cette difficulté, ou du moins, pour mieux l’appréhender.
Prendre sincèrement notre temps reste la clé de voûte de l’épanouissement qui nous a peut-être fait un peu défaut à ce moment précis…. Quoi qu’on en dise, nous sommes malgré nous pris au piège d’un rythme contraint et forcé par le calendrier de la société de consommation qui nous entoure, il va falloir que cela change !
Ceci étant dit, on ne se laisse pas abattre, car notre carte et nos guides nous orientent vers un village carte postale (à entendre par là, classé Plus Beaux Villages de France).
C’est donc à Charroux que nous faisons une longue halte pour visiter les jolies pierres médiévales habitées par les quelques artisans / restaurants / hôtels.

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Le soleil de plomb nous fait succomber à l’appel d’une délicieuse glace italienne au détour d’une ruelle.

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Point de bivouac envisageable dans les alentours, et la crème solaire mélangée à notre sueur ne nous donnent qu’une envie : prendre une bonne douche rafraîchissante.
Nous poursuivons notre descente (altimétriquement parlant) vers Saint Pourçain sur Sioule où l’effervescence d’une journée bourrée d’animations nous surprend, au programme : grande braderie, véhicules anciens, manèges de forains et course cycliste. Nous serpentons dans le vieux centre avant de terminer notre course sur la petite île qui abrite le camping avec le mini-golf, pour le plus grand bonheur de Timéo.

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Comme nous prenons vite conscience que nous trouverons plus notre satisfaction dans les visites culturelles que dans les paysages, nous voilà à l’affût du moindre centre d’intérêt à portée de nos pédales tout en gardant notre cap de retour vers la Creuse.
Sur le (presque) chemin se trouve une curiosité locale pour le moins surprenante pour la région. Une ancienne cité minière a accueilli des rapatriés d’Indochine dans les années 50 dans les corons laissés par les mineurs polonais. C’est donc à Noyant d’Allier que nous faisons une rapide étape pour y voir une Pagode bouddhiste posée non loin des vestiges de l’ancienne mine de charbon qui sert maintenant de musée.
Pas de chance pour nous, le lundi est comme un dimanche, tout est fermé ! Nous avons juste accès au jardin.

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Encore une difficile ascension qui nous offre tout de même un joli point vue sur les derniers contreforts du massif des volcans d’Auvergne.

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Notre prochain objectif est de trouver un peu de détente pour nos muscles endoloris dans une des nombreuses stations thermales. Le plus difficile étant de trouver un espace aqua-ludique (entendre un SPA) qui veuille bien accueillir des enfants. En attendant, les quelques édifices religieux nous permettent de patienter lors de notre route où les campings municipaux sont si ruraux et archaïques que nous nous trouvons presque seuls à l’intérieur avec le strict minimum en terme de confort sanitaire. La désuète et péjorative expression de « diagonale du vide » prend tout son sens !

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Nous voilà enfin à Néris les Bains pour notre plus grand plaisir. Nous avons carburé toute la matinée pour nous y poser dès le déjeuner afin de nous délester de notre équipement dans un des campings de la ville. La visite du quartier n’en sera que plus légère afin de nous prélasser dans les eaux chaudes du SPA équipé d’un hammam et d’un sauna … que cela fait du bien !

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C’est ainsi en partie ragaillardis que nous poursuivons en direction de Montluçon via l’ancienne voie de chemin de fer transformée en voie verte. Si seulement plus de véloroutes comme celle-ci pouvaient exister !

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La ville offre, comme de nombreuses villes médiévales, un vieux quartier piétonnier disposant de moult monuments historiques comme des bâtisses à colombages. On y flâne avec plaisir.

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C’est l’occasion pour nous de visiter un musée unique en France, le MUPOP. Ce récent lieu consacré à la musique populaire a ouvert ses portes le jour de la fête de la musique en 2013 et abrite une grande collection d’instruments traditionnels et un parcours musical très instructif et ludique pour les mélomanes que nous sommes. C’est donc équipés d’un type d’audioguide interactif que nous écoutons les nombreux enregistrements de musiques allant de la bourrée auvergnate, à la musette, au jazz ou encore au blues et autres rock’n roll … difficile de tout écouter tant c’est exhaustif.

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De très belles collections d’instruments également avec des vielles, cornemuses et guitares.

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L’orage monte, la chaleur également, nous profitons d’une petite fontaine en guise de brumisateur avant l’arrivée d’un puissant orage pour 45mn d’attente bien à l’abri (l’instinct d’Elodie nous aura épargné la violente douche froide lorsque l’on s’apprêtait à quitter les lieux).

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Ces prémices au mauvais temps qui s’annonce nous fait écourter notre périple d’une journée. C’est donc sous la dernière journée ensoleillée que nous regagnons notre point de départ avec sur le chemin la visite de l’abbatiale de Chambon-sur-Voueize qui héberge les reliques de Sainte-Valérie. Outre un énième toit en bardeaux de châtaigner typique de la région, on y voit également un retable commandité par le curé Moreau … tous ces noms ne sont que des coïncidences étonnantes.

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Nous passons donc notre dernière nuit sous notre tente chez nos hôtes Xavier et Marlène pour une courte soirée riche en échange. Ces derniers (comme d’autres) ont fait le choix de vivre simplement selon la sobriété heureuse prônée par Pierre Rabhi. Cela fait du bien de rencontrer des consciences éveillées qui mettent en action des principes simples qui en plus d’être en accord face à l’urgence écologique dans laquelle nous sommes maintenant, sembles heureux de le faire.
C’est à l’image de ce que Cyril Dion écrit dans son « Petit manuel de la résistance contemporaine », il nous faut des récits qui non seulement nous prouvent qu’un changement est possible, mais surtout qui nous offrent une vision de l’avenir heureuse et épanouissante afin de nous projeter positivement dans un nouveau schéma de société. Cependant, comme il le dit également, l’initiative individuelle et les processus d’alertes actuels ne suffisent plus, il va falloir passer à l’étape supérieure : à nous d’écrire ces nouvelles lignes.

On terminera donc par une image positive d’abondance qui on l’espère ne fera pas office d’archive dans un avenir plus ou moins proche : à notre retour, notre potager nous a offert pas moins de 12kg de tomates en tout genre, 3kg de concombres et 8kg de courgettes.

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Pour ceux que cela intéresse, voici le tracé de note itinéraire avec véritablement 450km au compteur (on ne compte pas sur la carte les nombreux petits détours et visites locales) et quelques beaux dénivelés sur la première partie.

2 Réponses à “Un Allier pas toujours coopératif”

  1. jacky août 27, 2018

    Je suis rassure de voir que quand l’humanite en panique aura definitivement deserte les campings, vous serez pleinement prepares a decider d’une place sans hesitations ! ;)
    A bientot !
    (desole, petit probleme avec les accents)

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